Cette enquête a été faite dans le but de mieux comprendre les usages numériques des étudiants internationaux. Les données collectées seront utilisées pour améliorer l’accueil de ces groupes d’étudiants. Le texte suivante retrace un entretien avec un étudiant américain, entretien réalisé en anglais, le 6 Octobre 2016 à Lyon. Cet entretien a duré 48 minutes.

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Cette année est la 3ème année en France de Ben, sa première comme étudiant (il était en France comme assistant d’anglais en lycée pendant ses deux premières années). Il est actuellement en Master 1 à Lyon 3, et souhaite continuer à vivre en France pendant plusieurs années encore.

Ses usages numériques personnels

Ben n’aime pas devoir gérer plusieurs comptes de réseaux sociaux, les mettre en lien, et avoir des usages différents selon que ses contacts soient en France ou aux États-Unis, de sa famille ou des amis, etc… Il préfère regrouper son activité sociale numérique sur un seul réseau : Facebook (qu’il utilise quotidiennement). Il l’utilise de façon très privée (seulement conversations privées et groupes privés). Il ne poste pas souvent sur Facebook, même si il a un compte Instagram qu’il utilise plus activement pour poster des images et descriptions de sa vie en France et aux États Unis.

Il n’utilise pas son vrai nom sur ses comptes, pour mieux protéger son intimité. Ben veut devenir enseignant, et est donc très prudent avec les choses qu’il met en ligne. Il poste occasionnellement des photos, des « selfies » et des anecdotes, mais il partage rarement ses opinions les plus profondes. Il a quand même partagé certaines photos ludiques et une photo d’une manifestation, qui, pour lui, montre son intégration à la vie française.

Il évite activement les groupes en ligne comme « American expats in Lyon », en déclarant qu’il n’est pas en France pour rencontrer des américains. D’ailleurs, il n’utilise pas souvent de groupes en ligne qui aident à l’intégration dans la vie française, préférant rencontrer les gens dans la « vraie vie » ; en classe, au travail, avec les amis de ses amis. Par contre, il fait partie de quelques groupes d’étrangers sur Facebook (« Assistants de langue Académie de Lyon » et « Assistants Considering Masters in France ») où il peut demander des conseils et des renseignements à propos des tâches administratives.

Il garde son portable avec lui tout le temps, et reçoit les « notifications » de son compte Facebook et Instagram régulièrement, cela veut dire qu’il est toujours connecté.

Ses usages numériques langagiers et académiques

Pour améliorer ses compétences en français, il échange en direct plutôt qu’avec des outils numériques (comme les forums, jeux en ligne et applications langagières). Il pense avoir atteint un niveau de français où les manuels scolaires et les exercices en ligne (par exemple Duolingo) ne l’aide plus. Il veux surtout pratiquer le français avec les français dans des situations authentiques et non-forcées. D’ailleurs, il regarde souvent des vidéos en ligne en français, mais explique qu’il fait ça pour le plaisir, et le fait qu’il améliore son français n’est qu’un bonus.

Cependant, il exploite une application, SIRI, d’une façon très intéressante, pour pratiquer sa prononciation. Il a mis SIRI, qui est une interface vocale, en français. De cette façon, il faut qu’il parle correctement en l’utilisant pour qu’elle fonctionne et réponde à ses requêtes. Il m’a donné un exemple où, en conduisant, il a demandé à SIRI d’appeler sa mère.

Pour sa vie académique, il prend toutes ses notes à la main, mais les tapent sur l’ordinateur une fois chez lui et les transfèrent sur GoogleDocs, pour qu’il ai une version numérique accessible tout le temps. Il fait également partie d’un « message de groupe » Facebook pour communiquer avec ses camarades de master à Lyon et l’utilise régulièrement pour partager les informations des cours et pour organiser les activités sociales.

Il n’aime pas la plateforme Moodle, parce-que il a l’impression que les enseignants ne savent pas suffisamment l’exploiter. C’est pour lui une gêne, inutile et mal utilisée. Par contre, il apprécie avoir accès aux versions numériques des documents donnés en classe et mis en ligne sur Moodle. Il essaye de regarder sa boîte aux lettres universitaire une fois par jour, préférant garder son mail personnel à part. Mais cette volonté de maintenir une limite franche entre étude et vie privée est flouée par la présence continuelle de ces réseaux sociaux, et la présence des groupes Facebook dédiés aux ses études.




*  Un exemplaire de l’autorisation d’enregisterment est disponible ici.
*  Une explication de l’application SIRI se trouve ici.